Extrait : innocence de Lafond Kempf Norbert

Innocence est un roman fantastique édité en auto-édition en décembre 2018. Premier de la saga de la famille Debeaupré, il est suivi de :

  • Existence
  • Conséquences
  • Descendance
  • Renaissance
  • Conscience/Inconscience

L’histoire :

Toutes les légendes ont leur part de vérité.

Dans un château magique, caché en plein cœur de la forêt de Brocéliande, vit la famille Debeaupré. Celle-ci, qui vient de subir les derniers assauts des démons, savoure un moment de plénitude. Les Maîtres des lieux, un certain Myrdhin et sa femme Ham Sheth, racontent comment tout cela a commencé…

Lecteur, fais comme la famille Debeaupré. Installe-toi bien, et écoute la légende de celui, qui destiné à mourir à sa naissance, est devenu le plus grand des Mages de tous les temps. Sa compagne, quant à elle, devait rester une prêtresse, mais son Destin l’a conduite à partager la Vie de ce dernier.

Prépare-toi à voyager dans un monde fantastique, où légende et histoire se confondent. Ecoute le récit de ces personnages, où tout a commencé en toute innocence…

Extrait du roman Innocence

Bretagne, de nos jours, proche du château de Comper, en plein coeur de la légendaire forêt de Brocéliande, dans un endroit que le commun des mortels ne peut ni voir, ni identifier…

— Allez, quoi ! Raconte-moi ton histoire, grand-mère…

— Pas encore, par contre, demande à ton grand-père, le voilà justement qui arrive, avec tes parents. Je suis sûre que si tu insistes, il le fera !

Le vieil homme pénétra lentement dans la grande salle. Le soleil réchauffait la pièce conviviale de ses rayons brûlants. Il inondait, de sa splendeur, le vieux domaine enchanté. Le bruit de la canne en bois d’ébène, sertie d’un pommeau en forme de patte de dragon tenant une boule transparente, résonnait. Il était suivi des parents du jeune homme, le poids des âges pesait lourdement sur ses épaules. Il les regarda de son regard couleur azur, un sourire caché par une barbe blanche fournie.

— De quoi parliez-vous ? Bien que, d’une certaine façon, je me doute du sujet !

— Marc voudrait savoir comment tout a commencé.

— Ah, je vois. Tu sais, il y a si longtemps, que je ne me souviens plus très bien. Et puis, comment veux-tu que je sache comment cela s’est passé avant ma naissance ?

Marc regarda ses parents, qui venaient de les rejoindre, l’air insistant.

— Grand-père, je ne suis plus un gamin, aujourd’hui. Je vais avoir bientôt 18 ans, et je me sens prêt !

— Prêt, tu dis ? Moi, je n’ai rien à t’apprendre.

— Au contraire, et si tout ce qu’on a vécu recommençait ?

— Bien sûr que ça reviendra. C’est l’éternel recommencement !

— Alors, enseigne-moi tout !

— Je n’ai rien à t’enseigner. Tout ce que tu dois savoir, tu le sais déjà. Tout est au fond de toi, dans tes entrailles, dans chaque cellule, tout ton être et ton âme ! Tu dois juste éviter la corruption de tout cela !

— Papa m’a dit que lui et toi, vous avez vu ton histoire, même avant ta naissance. S’il te plait, raconte-la !

Après une longue hésitation, et un regard amusé à sa douce femme, il s’installa dans un fauteuil confortable, dont le dossier formait les ramures de bois d’un cerf. Il fixa le jeune homme.

— Bien, alors voilà comment tout cela s’est réellement produit…

Tout commença par une nuit de tempête. On n’avait jamais connu pareil déchaînement des éléments. La pluie battait très fort sur les larges murs du château, dont les restes, usés par les années, avaient quasi disparu. Le tonnerre grondait si fort, que le son se répercutait à l’intérieur, faisant trembler les rares tapisseries encore accrochées. Personne n’osait mettre le nez dehors, mis à part les pauvres gardes, qui, malgré les violentes intempéries, bravaient le temps, trempés jusqu’aux os.

Cette nuit-là, les chandeliers peinaient à rester allumés. Le vent soufflait, passait sous les portes, soulevait et mettait à mal la pauvre toiture de l’écurie, qui ne tenait plus qu’à quelques clous. Le hennissement des chevaux apeurés résonnait dans le domaine.

Dans tout ce déluge, que les Dieux anciens semblaient avoir abandonné, la forêt, d’ordinaire agitée et bruyante, restait d’un calme olympien. Quelque chose de maléfique s’approchait sournoisement. La noirceur de la nuit retenait le clair de lune, qui peinait aussi à percer les nuages sombres. On ne voyait même pas à deux brassées de soi. Et pourtant, cette nuit-là, quelqu’un frappa à la lourde porte du pont levis.

— Heu… Qui va là ?

— Par pitié, je ne suis qu’un simple voyageur égaré, surpris par cette tempête. Je demande asile pour la nuit. Je vous en conjure, aidez moi !

 

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